Lettre de cadrage pour la transition écologique : une occasion manquée

01 fév 2013 à 07h53 par Denis Cheminade
Dans un monde idéal on imagine l'écologie et le sport échangeant sur ce qu'ensemble ces deux "mondes" pourraient faire au bénéfice de la transition écologique de notre pays. De cet échange résulterait une feuille de route partagée. Avec la lettre de cadrage signée le 23 Janvier 2013 par Jean-Marc AYRAULT c'est le retour à la vraie vie où on voit l'écologie dire au sport "combien tu me donnes ?" avant de conclure "voilà ce que tu vas faire..."

La transition écologique on y croit

Et on l'a prouvé en impulsant l'Agenda 21 du sport français et en contribuant à la traduction de la Stratégie nationale de développement durable dans le Sport (SNDDS). Mais décidemment sport et écologie ont bien du mal à vivre ensemble. C'est souvent vrai sur le terrain, cela devient la règle au niveau national. Et la lettre de cadrage que vient de recevoir Valérie FOURNEYRON donne un bien mauvais signal. La ministre y apparaît bien plus comme la ministre des associations, de la jeunesse et de l'Education populaire que comme la ministre des sports. Et la relation entre le sport et l'écologie particulièrement déséquilibrée au bénéfice de l'écologie. Le message est clair :
 

D’abord prendre soin des associations d'environnement et de développement durable

Première priorité de la lettre de cadrage

  •  "piloter...les travaux d'un groupe de réflexion... sur les moyens de parvenir à une meilleure reconnaissance de l'engagement des bénévoles des associations et organisations oeuvrant en matière d'environnement et de développement durable, et plus particulièrement sur les modalités d'exercice, les contours et l'impact d'un "mandat environnemental"...
  • "plus généralement, ... toutes les propositions permettant de sécuriser les financements de l'Etat et le modèle économique des associations œuvrant dans le domaine environnemental et, dans un contexte budgétaire contraint, d'accompagner les associations employeurs et de valoriser les compétences acquises dans l'action bénévole seront examinées avec attention"...

Ensuite soutenir financièrement les actions des associations relevant du ministère de l'écologie
 

  • "prendre en compte les associations environnementales dans les politiques de soutien à l'emploi associatif que vous menez"...
  • "mobiliser les services et les établissements publics relevant de votre ministère afin qu'ils contribuent activement aux débats organisés... sur la biodiversité et la transition énergétique"...
  • "participer, y compris financièrement, à l'effort national d'éducation au développement durable et à l'environnement"...

Mieux reconnaître le bénévolat, soutenir les associations, on adhère
 

Mais pourquoi le limiter aux associations d'environnement et de développement durable ? Et cela au moment où on réactualise le contrat associations pouvoirs publics, où la CPACA met le projecteur sur la contribution des associations au développement des territoires et dans un gouvernement où un ministre s'occupe d'économie sociale. Quel responsable associatif sportif n'a pas rêvé d'un tel programme ? Mais pourquoi le faire au bénéfice du seul mouvement associatif relevant du ministère de l'écologie ?

Et le sport ?

  • A lui d'intégrer dans les qualifications relevant de son champ les enjeux de l'environnement et de la transition écologique
  • De "favoriser la prise en compte des enjeux de la transition écologique dans l'organisation des manifestations" (information, sensibilisation des organisateurs, réduction des émissions de gaz à effet de serre)
  • de "veiller à inclure un volet responsabilité sociale et environnementale des organisations (RSO) dans les partenariat conclus... avec le réseau des fédérations et ligues professionnelles"

Une occasion manquée

Non la lettre de cadrage n'est pas un programme mobilisateur pour la transition écologique de notre pays à travers le sport. C'est au mieux une convention entre le ministère des sports et le ministère de l'écologie qui règle la manière dont les moyens des sports favoriseront, sous couvert de jeunesse, de vie associative et d'éducation populaire, la vie associative relevant du ministère de l'écologie. Un accord où sport et écologie ne sont pas à égalité : le ministère de l'environnement impose-t-il aux associations qu'il finance d'inclure un volet RSO dans les conventions ?

Dans ces conditions il faut se féliciter que la lettre n'évoque pas les questions de la biodiversité, celle de l'efficacité énergétique des équipements sportifs par exemple...
 
Le sport peut et veut faire davantage. Mais il doit le faire dans un autre cadre où le sport n'est pas subordonné à l'écologie et où sa contribution est perçue pour ce qu'elle est efficace, authentique et responsable.

Télécharger le fichier (Lettre_de_cadrage_transition_ecologique_ministere_sports_jeunesse_education_populaire_vie_associative )

       

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