Sport : les emplois d'avenir

17 sept 2012 à 08h09 par Denis Cheminade
S'il est une dimension du développement durable que le sport peut et doit servir, c'est naturellement en priorité la dimension sociale. Compte tenu du contexte, l'emploi des jeunes doit être placé au niveau des priorités. Les emplois d'avenir, qui prolongent une longue période de traitement social du chômage permettront au sport de démontrer une nouvelle fois son implication au service de la société.

L'emploi des jeunes : un objectif qui doit dépasser les clivages partisans et les préventions naturelles


C'est ce que montre en partie le débat qui a eu lieu au parlement. Ce sujet n'a pas été utilisé comme terrain d'affrontement entre majorité et opposition et le débat a été courtois, sauf lorsque Gilbert COLLARD a proposé un amendement visant à réserver ces emplois aux jeunes de nationalité française, amendement rejeté.

Dans le mouvement sportif, il faudra aussi passer au-delà des réticences naturelles liées à l'accumulation des mauvaises expériences liées aux programmes d'emplois aidés de toute nature proposés depuis de nombreuses années. Pour beaucoup la priorité sera de conserver les emplois existants au moment où les systèmes d'aides précédents arrivent à leur fin, alors que ni les aides des collectivités, ni l'état du marché des APS ne semblent en mesure de prendre le relai. Quid de la concurence que ces emplois, mieux aidés que d'autres exerceront sur les emplois existants ?

Les emplois d'avenir : à destination des 16-25 ans issus de zones défavorisées


Les emp^lois d'avenir sont destinés à des jeunes entre 16 et 25 ans pas ou peu qualifiés venant de zones défavorisées, principalement dans les collectivités locales, les associations et l'enseignement, public et privé.

Largement subventionnés par l'Etat, ils seront offerts, généralement dans des collectivités locales et des associations, pour trois ans, et concernent également les handicapés peu qualifiés de moins de 30 ans en difficulté. Le gouvernement prévoit de créer quelque 150.000 emplois d'avenir d'ici 2014, dont 100.000 dès l'an prochain, pour un coût de 1,5 milliard d'euros par an lorsque le système fonctionnera à plein.

Le texte crée aussi, sur un modèle comparable, des emplois d'avenir professeur, dont devraient bénéficier, d'ici 2015, quelque 18.000 étudiants boursiers, d'un niveau compris entre la deuxième année de licence et la première année de master, venant aussi de zones défavorisées.

Tenir compte de la situation des associations sportives


En cette fin d'olympiade, nombreux sont les dirigeants qui doivent renouveller leur engagement. Beaucoup d'entre-eux, retraités, sont à un âge où par réalisme il faut reconsidérer le niveau de ses engagements et de ses activités. S'y ajoutent des difficultés annoncées pour le ,mouvement sportif. Un Etat et des collectivités qui ne pourront plus maintenir leur niveau d'aide. Un encadrement bénévole faiblissant et des publics dont les demandes exigent de recourir au professionnalisme et d'entrer dans des logiques de "marché". Disposera-t-on dans les associations sportives des dirigeants "entrepreneurs" pour assumer ces responsabilités ? Il faudra aussi penser à eux car sans eux pas d'initiatives à long terme.

Tenir compte des plans emplois précédents et travailler en réseau

Pour réussir les emplois d'avenir plusieurs conditions sont à réunir
  1. Penser la transition avec les systèmes d'aides pré-existants. Bien sur les emplois dans les associations sportives doivent constituer des tremplins vers d'autres emplois, y compris dans d'autres secteurs. Mais il faut réguler les effets d'aubaine et penser aussi à conserver dans les associations sportives les compétences dont a le plus grand besoin. La formation a un coût humain et organisationnel qu'il faut rentabiliser sous peine de ne pas garantir la pérennité des associations et de leurs actions.
  2. Mettre en oeuvre au niveau des territoires. Trop souvent les systèmes d'aide dans le sport ont été pensé au sein de la sphère sportive, comme une filière verticale. Ces emplois demandent de mobiliser des ressources en accompagnement considérables. Impensable de recréer une filière d'une telle importance seulement pour les besoins du sport. Il faut penser les mise en place en fonction des territoires et leurs particularités et en lien étroit avec les collectivités et l'ensemble des actions qu'elles mènent dans ces domaines.
  3. Agir en réseau et de manière transversale. Au sein de ces territoires, il faut faire travailler de manière transversale et cohérente l'ensemble des acteurs impliqués. Y compris ceux de l'économie. Soiuvent l'ensemble de ces plans est traité dans le cadre des politiques sociales. Est-ce la meilleure solution ? ne faudrait-il pas plutôt les penser en lien avec les politiques économiques et de développement ?
Le dossier de presse du ministère des sports


Envie de réagir, laissez nous un commentaire

facultatif
facultatif
 
Anti-spam :
Comment écrire dix en chiffres ?