Sport, partenariat, greenwashing, Comité international olympique

23 juin 2012 à 16h48 par Denis Cheminade
Pour le sport, choisir des partenaires peut-être un exercice difficile, surtout quand il s'agit de grands groupes. On se souvient de la fédération de Voile qui a refusé un partenariat avec un  groupe pétrolier. Faut-il voir dans ce partenariat un pacte avec le diable ou faut-il mettre en relief les efforts que ces groupes font pour évoluer vers des comportements plus responsables, écologiquement et socialement. A l'époque les dirigeants de la fédération avaient vu dans ce partenairiat le diable. En nouant un partenariat avec un géant mondial de l'industrie chimique, le CIO faut le choix inverse.

Down chemical partenaire du CIO Faut-il regarder le passé ou voir l'avenir ?

Du côté du passé Down Chemical est le fabricant du Napalm et de l'Agent Orange utilisé pendant la guerre du Viet Nam. Du côté de l'avenir, Down s'est illustré à RIO + 20 en demandant avec l'ensemble des industries chimiques une réglementation mondiale de ces produits.

La signature de ce partenariat a provoqué la démission de Méredith Alexander, commissaire à l'éthique de London 2012 et des réactions hostiles de nombreux sportifs ainsi que d'associations. (Voir par exemple un article du blog de l'Association des Paralysés de France)

Du côté des Etats, la commission européenne se félicite de cet engagement des industriels de la chimie. (Voir la dépêche de Euractiv)

En acceptant un géant de l'industrie chimique au rang de ses partenaires mondiaux le CIO table  sur la volonté de ce partenaire d'améliorer son image et ses pratiques. Le récent engagement public de Down Chemical à rio + 20 en faveur d'une réglementation mondiale des produits chimiques tend à légitimer le choix du CIO.


Faut-il accepter des compromis et lesquels ?

Dans la vie courante et dans le sport, impossible de se passer de produits chimiques. Même quand on le souhaite ardemment, les produits dont on aurait besoin n'existent pas. Il faut donc soit prendre des décisions drastiques (qui conduisent souvent à ne rien faire) soit accepter des compromis et travailler à faire évoluer nos connaissances pour disposer dans le futur de produits répondants à de nouveaux standards.


Encourager la transition

Il est compréhensible que le choix du CIO soit contesté. Y compris et surtout par le gouvernement Viet-namien qui rappelle que sa population a souffert et souffre encore de l'utilisation de produits de la firme pendant la guerre. Mais si ce partenariat s'accompagne et met en lumière les efforts de la firme pour combattre et corriger les pratiques du passé, c'est aussi oeuvrer à une transition vers une société plus durable.

Bienvenue dans le monde réel !...


Envie de réagir, laissez nous un commentaire

Les commentaires de ce billet sont fermés