Un label pour les rivières sauvages : menace ou opportunité pour les sports nautiques ?

30 mars 2012 à 07h47 par Denis Cheminade
Depuis 2007 le WWF et une vingtaine de partenaires ont mis en place un fonds de dotation "Rivière sauvage" et travaillent à définir une labellisation de ces rivières. Une initiative centrée sur une approche biodiversité qui posera nécessairement la question de l'usage de ces espaces pour les loisirs nautiques.
7 % des masses d'eau seulement peuvent être considérées comme en bon état écologique rappelle le fonds. Et on manque d'une culture de valorisation du "capital naturel sauvage" dans notre pays. Les moyens de connaissance et de gestion de ces milieux sont à améliorer.

Pour y remédier le fonds travaille à la fois à réunir les connaissances nécessaires et à trouver les finances indispensables. Certains gestionnaires pouvant être intéressés par une valorisation de leurs initiatives, la création d'un label est en cours. Il sera opérationnel fin 2012.

Dans un premier temps quatre rivières pilotes - La Valserine et le Chéran en Rhône-Alpes, la Vis en Languedoc-Roussillon et le Léguer en Bretagne - ont été sélectionnées pour aider à fixer les critères de la "sauvagitude". Elles sont aussi candidates au label.

Des rivières sur lesquelles se pratiquent aussi des activités nautiques de loisir et de sport. On pourrait s'attendre à ce que les acteurs de ces activités soient associés à l'initiative. Au sein du collectif des fondateurs, à côté des associations et organismes de protection de l'environnement et des gestion des espaces naturels, des gestionnaires de rivières, des collectivités, des entreprises, le collège des fédérations des sports et loisirs de nature est représenté par la Fédération Française des pêcheurs à la Mouche et au lancer. Aucune des grandes fédérations sportive n'y figure. Sont-elles seulement informées ?  Méconnaissance réciproque, désintérêt, désamour ? quelles qu'en soient les raisons chacun semble travailler de son côté.

Une méthode qui annonce nécessairement un avenir au moins agité. Le label est décrit comme devant comprendre trois niveaux d'exigences progressives. Si l'accord se fera sans doute sans trop de problèmes sur les cours d'eau les plus intéressants, le débat s'annonce rude sur les autres car ils concerneront des espaces sur lesquels les activités nautiques sont plus largement pratiquées. Conservation ? valorisation ? l'équilibre à trouver sera comme d'habitude très discuté.

Il n'est pas trop tard pour travailler ensemble. Souhaitons que suite à l'annonce de ce label les différents protagonistes se rapprochent pour convenir d'un avenir commun.

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