Après les Jeux, Pékin à nouveau dans la pollution

07 janv 2012 à 10h46 par Denis Cheminade
De nombreuses craintes avaient entouré la qualité de l'air de Pékin à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Des craintes qui se sont révélée vaines puisque l'air y a été pur et le soleil radieux. Un effet positif des jeux bien lointain si l'on en croit les mesures que sous la pression la municipalité de Pékin prend en matière d'information des habitants.
Les sportifs qui se sont rendus à Pékin les années précédant les jeux étaient inquiets. Ils avaient raison. En plein jour il n'était pas rare de marcher dans les rues sans voir le sommet des immeubles. Cependant pendant les jeux l'air a été pur et le soleil présent. Un résultat salué par le rapport des Nations Unies sur le respect de l'environnement à l'occasion des Jeux.

Il est vrai que des mesures drastiques avaient été prises : limitation de la circulation des voitures des résidents chinois, fermetures d'usines et arrêt de hauts-fourneaux, balayage des rues et lavage pour éviter la mise en suspension des poussières dans l'atmosphère, végétalisation de la ville (parterres sur les trottoirs, rond-points), distributions de réchauds électriques pour remplacer les cuisinières à charbon...

Presque quatre années plus tard l'embellie semble terminée et les habitants s'organisent comme en témoigne une dépêche de l'AFP reprise par le site GoodPlanet.

Il y a au moins une leçon à tirer de cette expérience. Quand on veut améliorer l'air d'une agglomération on sait comment faire et le résultat est immédiat ! C'est aussi ce qui a été observé au TAMPON, une localité de la Réunion de moyenne altitude. La ville a procédé à une analyse de l'air lors d'une journée ou était organisé le marathon (journée sans voiture). Même observation, la qualité de l'air s'est immédiatement améliorée. Continuons à faire que le sport donne l'exemple.

La dépêche de l'AFP

06/01/2012 9:08 am

PEKIN - (AFP) - La municipalité de Pékin a annoncé vendredi qu'elle allait finalement publier ce mois-ci les données sur les particules fines responsables en partie de la pollution de la capitale, répondant ainsi à une demande d'un nombre croissant de Pékinois.

"Les autorités vont rendre publiques avant le nouvel an les données concernant la qualité de l'air en prenant en compte les concentrations de particules fines PM2,5" (d'un diamètre égal ou inférieur à 2,5 microns), a annoncé à l'AFP un responsable du Bureau de l'environnement de Pékin, nommé Jiang. Le nouvel an lunaire tombe le 23 janvier cette année.

Pour l'instant, la municipalité de 20 millions d'habitants ne publie que les niveaux de particules PM10 ou de taille supérieure.Or les PM2,5 sont considérées comme plus dangereuses: elles peuvent pénétrer profondément dans le corps humain, jusqu'aux alvéoles pulmonaires, et migrer dans le sang.

La population, notamment les internautes, demandait que ces données soient rendues publiques en particulier en octobre et novembre, lorsque la capitale a connu un automne exceptionnellement pollué en raison de l'absence de vents.

Des centaines de vols avaient été annulés et les ventes de masques avaient connu un vif essor, tandis que la population exprimait son inquiétude et souvent sa colère.

Les données officielles de la municipalité faisaient alors état de "faibles" niveaux de pollution, tandis que l'ambassade des Etats-Unis, qui a ses propres mesures incluant notamment les PM2,5, évoquait certains jours sur Twitter un air "très dangereux pour la santé".

"Le gouvernement doit prendre en considération les problèmes de la population, alors, oui, la colère des Pékinois ces jours-là a largement contribué à notre décision", a expliqué M. Jiang.

L'agence Chine nouvelle a précisé de son côté que ces données seraient actualisées chaque heure sur le site du Bureau de l'environnement et des médias en ligne.

Pour l'ONU, Pékin figure parmi les villes les plus polluées du monde. L'organisation des jeux Olympiques en 2008 n'avait apporté qu'une brève amélioration sur le front de la pollution.

Véhicules --240.000 en plus dans les rues l'an dernier--, chauffage domestique et centrales au charbon, ainsi qu'usines et chantiers expliquent les niveaux élevés de pollution dans la capitale chinoise.

Wang Qiuxia, un expert en pollution atmosphérique de l'ONG chinoise GreenBeagle, estime que les nouvelles mesures de particules aideront à une prise de conscience des dangers de la pollution mais prévient que "selon certaines évaluations, il faudra 20 ans avant de voir la qualité de l'air s'améliorer à Pékin, même si les mesures adéquates sont prises".

"Il y a aussi des chances pour que l'interprétation gouvernementale des données sur les PM2,5 soit différente de celle des Occidentaux, notamment de l'ambassade américaine, mais au bout du compte nous espérons que les nouvelles normes déboucheront sur des mesures renforcées contre la pollution", ajoute M. Qiu.

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