Sport et économies d'eau : Faire évoluer la réglementation ?

15 août 2011 à 07h56 par Denis Cheminade
Le sport est un gros concommateur d'eau. Arrosage des terrains, eau des piscines sont des postes très importants. Utiliser moins d'eau, mieux utiliser, réutiliser ces eaux sont des impératifs, mais la réglementation actuelle comporte de nombreux freins. Compte tenu des volumes d'eau concernés, il conviendrait sans doute, sans déroger à l'impératif de santé publique, de la revisiter pour rendre des solutions possibles des solutions maintenant permises par les évolutions techniques. et l'évolution des mentalités. Le bon sens y gagnerait.
Un centre équestre souhaite stocker et utiliser l'eau de pluie des toits du manège et des écuries pour arroser la carrière : refus des services sanitaires.

Economiser l'eau des piscines : impossible de descendre en dessous d'un seuil de 30 l/jour et par baigneur prévu par un arrêté de 1981 même si les techniques actuelles et les pratiques de nos voisins étrangers montrent que ce n'est pas indispensable.

Réutiliser l'eau du bassin pour alimenter les pédiluves. Vous pensez que cette eau qui est jusqu'à sa sortie du bassin bien assez bonne pour que les baigneurs s'y plongent complètement (et éventuellement l'ingère) doit être assez bonne pour qu'on puisse y tremper ses pieds ? Impossible le code de la santé publique impose l'usage d'une eau potable pour l'ensemble des usages domestiques intérieurs.

Vous pensez l'utiliser pour les WC ? Très difficile voire impossible. Le code de la santé publique ne permet pas, hors dérogation préfectorale, l'installation d'un double réseau d'eau alimenté en eau non potable à  l'intérieur d'un bâtiment (à l'exception des eaux de pluie et dans des conditions très précises)

Expérimenter de nouvelles solutions relève du parcours du combattant. Obtenir un avis technique d'expérimentation du CSTB, bénéficier d'une dérogation pour la mise en oeuvre Les obstacles financiers et administratifs sont souvent insurmontables, surtout pour des PME qui concentrent l'innovation mais n'ont pas les moyens suffisants.

L'élaboration de la Norme HQE équipements sportifs piscine est l'occasion de se confronter avec cette comlexité. Les solutions proposées par les professionnels ne passent pas le crible du ministère de la santé. Il est pourtant imortant qu'elles ouissent être examinées et testées. 

Le Grenelle de l'environnement a mis ses préoccupations au coeur des débats. Des travaux sont en cours. Espérons que les équipements sportifs seront concernés par ceux-ci.


Les expériences dans ce domaine sont rares. Nous reprenons plus bas celui de la piscine de Hyerres ('Essonne) qui réutilise les eaux des douches pour l'arrosage (Article paru dans le Moniteur).
 

FOCUS : Piscine de Hyères : De la douche à l'arrosage des espaces verts

Dans l'Essonne, la piscine de la commune de la ville de Yerres est l'un des rares exemples d'utilisation des eaux grises. Pour ce projet, la maîtrise d'ouvrage avait pensé récupérer les eaux pluviales pour l'arrosage extérieur. Mais par définition, ces eaux sont aléatoires, alors que, dans une piscine, les eaux usées générées par les douches sont plus régulières. Décision a donc été prise de les recycler pour l'arrosage des espaces verts. C'est le procédé  AquaCycle® développé par Hansgrohe Pontos, qui bénéficie d'une Atex du CSTB  (n°15-11 du 23 mars 2007), qui a été retenu. Le principe de l'installation est simple : l'eau issue des douches est filtrée et séparée des éléments solides (fibres textiles, cheveux...). Le filtre étant régulièrement nettoyé par un système automatique à contre-courant automatique. L'eau rejoint ensuite une chambre de filtration et de recyclage principal, où des bactéries décomposent les différentes impuretés. Ce processus de nettoyage biologique produit des sédiments qui sont régulièrement aspirés et rejetés vers le tout-à-l'égout. L'eau traverse ensuite une lampe à ultraviolets qui la désinfecte. Ainsi traitée, elle est conforme à la notice du FRB (association allemande professionnelle de l'utilisation des eaux pluviales et industrielles), ainsi qu'à la norme CEE concernant les eaux de baignade. Stockée dans douze cuves, l'eau recyclée est utilisée pour l'arrosage des espaces verts et le nettoyage de la voirie. La consommation d'électricité est très réduite, en moyenne 1.2 Kwh par mètre cube traité. L'investissement s'élève à 150 000 euros. Avec une eau facturée 4 euros le mètre cube, l'économie annuelle s'élève à 36000 euros, soit un temps de retour «brut» de quatre ans, à pondérer par la consommation d'électricité et la maintenance.

Le lien avec l'article du moniteur
Les techniques pour utiliser les eaux usées épurées

08/08/2011 - 16:59 - Innovation chantiers

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