Faut-il instituer le rapport Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) pour les associations sportives ?

01 mai 2011 à 10h52 par Denis Cheminade
« L’association sportive c’est plus que du sport ». On a tous entendu, répété cette affirmation. Pourtant le sport n’est pas naturellement et spontanément vertueux. Cela demande énergie et organisation. Il faut aussi en rendre compte. Le Grenelle de l'Environnement a évoqué la question. Il est temps de compléter les rapports d’activités de nos associations par un rapport sur la RSE
La Responsabilité Sociale et Environnementale d’une association sportive c’est la manière dont elle prend en compte ses « parties prenantes » dans ses objectifs, ses stratégies, ses actions

Ses "partie prenantes", ce sont ses membres (adhérents, bénévoles et dirigeants), ses salariés, ses financeurs et partenaires, le territoire dans lequel elle inscrit son action, ses fournisseurs. C’est aussi l’environnement : l’air, l’eau, le sol. C’est enfin l’économie. Car de l’attention portée aux membres, aux relations entretenues avec l’ensemble de la société civile, les pouvoirs publics, le territoire, à l’ensemble des facteurs environnementaux et économiques résultent les performances et le rayonnement de l’association.
 
La RSE c’est faire plus que le droit

L’association sportive est une personne morale qui a des obligations et est régie par le droit. Mais elle a des devoirs et responsabilités qui vont au-delà du droit. La RSE c’est ce qu’on fait quand on va au-delà de ses obligations légales. Le sport met souvent en avant cet aspect quand il dit "le sport c'est plus que du sport", quand il parle des « valeurs du sport », met en avant les « valeurs associatives ». De ce fait il est particulièrement concerné. Il se doit d’être actif et exemplaire.
 
Trouver le bon curseur entre social, environnemental et économique

Agir dans le domaine de la RSE c’est, derrière ces définitions générales, mettre des choses concrètes : veiller à la sécurité des pratiquants, s’ouvrir à l’accueil de tous, former ses cadres et leur offrir de bonnes conditions de travail, valoriser les bénévoles, participer à la vie de la communauté.... Dans ce domaine le plus difficile est de savoir où placer le curseur et de trouver le bon équilibre entre le social, l’environnemental et l’économique pour savoir jusqu’où aller. Une fois les objectifs définis, ce qui est fondamental c’est d’avoir un engagement clair, de ne pas faire les choses à moitié et de communiquer avec loyauté et transparence.

Donner un nouveau souffle à l’association
 
La RSE c’est ce que le sport moderne a tendance à oublier quand il met l'accent sur l’efficacité, en parlant produit, en limitant ses projets au toujours plus : plus d’adhérents, plus de  résultats sportifs, plus de ressources. Repenser ses objectifs au-delà des considérations immédiates, c’est se donner une occasion de relancer le projet de l’association, d'entrainer membres et partenaires dans de nouveaux challenges, renouveler ses relations avec le territoire, la société civile.
 
Anticiper est toujours bénéfique
 
Ne pas agir dans ce domaine c’est courir des risques. Des risques évidents :
  • quand le sport affiche ses valeurs mais que dans le même temps, à travers ses athlètes, ses spectateurs, il montre des  comportements violents ou condamnables,
  • que ses rapports à l’argent apparaissent trop intéressés
  • ou qu’il sélectionne ceux qui bénéficient de ses actions.
  • ...
Des risques cachés :  
  • Transports: ne pas se préoccuper des changements climatiques et ne pas réduire son empreinte carbone, c’est devenir entièrement  dépendant aux énergies fossiles et ne pouvoir faire face à l’augmentation du coût des carburants qui plombera les budgets.
  • Les collectivités orientent leurs subventions différemment, introduisant des critères sociaux et civiques. Ne pas anticiper c’est prendre le risque d’être à l’écart du système qui va s’installer.
Les adhérents, les bénévoles, les dirigeants, qui dans leur vie quotidienne trient leurs déchets, sélectionnent leurs achats ne risquent-ils pas de se détourner d’une association qui ne mettrait pas en avant ces mêmes valeurs ?
 
Le rapport RSE des associations sportives
 

De plus en plus souvent, les entreprises, les collectivités, prennet des initiatives en matière de développement durable. Elles en rendent compte en produisant des rapports sur leur Responsabilité Sociale et Environnementale.

Rendre compte est un moment essentiel de la démarche. Pourquoi s’engager dans une démarche développement durable, comment entretenir la motivation des parties prenantes si ces efforts ne débouchent pas sur une production que l'on puisse partager ?

Ce qui est vrai pour l'entreprise est encore plus vrai pour l'association sportive.
 
Il est temps pour le sport de s’engager dans cette voie et de devancer les conclusions du Grenelle de l’Environnement en prônant la généralisation en son sein de rapport sur la RSE. Ces rapports complèteraient les rapports d’activités produits traditionnellement lors de toutes les AG. Pas besoin de grandes réformes pour cela, il suffit que chaque président, chaque secrétaire général transforme dans cette perspective, le rapport moral qu’il produit obligatoirement.
 

Envie de réagir, laissez nous un commentaire

facultatif
facultatif
 
Anti-spam :
Combien de fois la lettre "p" est présente dans "coup" (chiffre) ?