Charte du sport pour l'Environnement et le Développement Durable

 En 2003 le CNOSF adopte « l’Agenda 21 du sport français ». Cet Agenda a explicité et rendu  compréhensible la relation que le sport entretient avec l’Environnement et le Développement Durable. Il a changé l’image du sport en  faisant prendre conscience que le sport pouvait apporter une contribution positive sur ces questions. Dans le mouvement sportif les initiatives se sont multipliées. 
 
Exhaustif l’Agenda 21 est  vaste. 21 objectifs, 74 propositions d'action portent en elles les promesses du sport en matière d'environnement et de développement durable. Il nous faut aller plus loin, passer des promesses aux actes et répondre à cette question : quels sont nos engagements ? 
 
C'est la mission de la charte : compléter, 5 ans après sa publication, l’Agenda 21 du sport français par un document exprimant, les objectifs que se donne le mouvement sportif en matière de responsabilité sociale, environnementale et économique.
 
A l’initiative du CNOSF, ce document « cadre » permettra aux fédérations et associations qui le souhaitent d’élaborer leurs propres programmes d’action. 
 
En 2007 le CNOSF a publié « La raison du plus sport ». 2007 aura également été l’année du Grenelle de l’Environnement dont les conclusions concerneront durablement le sport.
 
Le projet de « Charte du sport pour l’Environnement et le Développement Durable » s’appuie sur ces travaux, sur la charte olympique (valeurs olympiques), sur le recueil (en cours) des bonnes pratiques du mouvement sportif pour rassembler en un nombre limité d’objectifs (8) les axes de la contribution du sport à l’environnement et au développement durable.
 
Elle rappelle que la contribution du sport est d’abord sociale :
1 – Education, épanouissement du genre humain, formation,
2 – Cohésion sociale, solidarité
3 – Santé
Qu’il accorde une attention particulière aux questions d’environnement :
4 – Lutte contre le changement climatique
5 – Ressources naturelles, biodiversité
6 – Planification des équipements, des manifestations
Ainsi qu’à l’économie 
7 – Economie durable, solidarité internationale
et la gouvernance :
8 – Gouvernance du sport et participation du sport à la gouvernance de la société.

Charte du sport pour l’Environnement et le Développement Durable

« Un esprit sain, dans un corps sain, 
dans un environnement sain et durable »

Préambule :

Premier loisir des Français, activité reconnue, au fort pouvoir économique et médiatique, le sport fait partie intégrante de la société. Cette reconnaissance lui confère une responsabilité sociale qu’il doit et veut exercer.

Par ailleurs, un développement non durable de la société et ses conséquences : réchauffement climatique, désordres sociaux, constitue une menace pour le sport. Les athlètes ont besoin d’un environnement sain et d’un air pur. La pratique du sport ne peut se concevoir que lorsque les besoins fondamentaux des hommes et des femmes sont satisfaits : paix, alimentation, santé, éducation, justice. Le développement durable est une condition sine qua non de la durabilité du sport.

Nombreuses sont les initiatives prises par le mouvement sportif et olympique dans le cadre des valeurs qui le fondent : paix, amitié, excellence, solidarité, respect, fair-play. Elles l’ont conduit en 2003 à adopter un « Agenda 21 du mouvement sportif français », à publier en 2007 le « livre blanc du sport français » et à s’inscrire dans la dynamique collective du Grenelle de l’environnement.

Face à ce grand chantier de société il est aujourd’hui du devoir du CNOSF d’accompagner les membres du mouvement sportif et de les encourager à s’engager sur la voie d’un sport écologiquement, socialement et économiquement responsable et durable. 

C’est pourquoi le CNOSF propose à tous ses membres  — et au-delà à toutes les parties prenantes du sport : partenaires, collectivités territoriales, médias…— de s’associer à la Charte du sport pour l’environnement et le développement durable 

En adhérent à cette charte chaque signataire témoigne de sa volonté et de son engagement à « agir pour le bien-être des générations actuelles et préservant celui des générations futures ».

Ainsi nous ferons vivre les valeurs olympiques et pourrons ainsi actualiser cette devise sportive: « un esprit sain, dans un corps sain, dans un environnement sain et durable ».
 
 
Charte du sport pour l’Environnement et le Développement Durable

« Un esprit sain, dans un corps sain, 
dans un environnement sain et durable »

Premier objectif : Education, formation, communication.    
Renforcer la contribution du sport à l’éducation, l’épanouissement des hommes et des femmes. Contribuer à la formation au développement durable.

•    Permettre à chacun d’atteindre son excellence sportive et aux meilleurs d’exercer leur activité au plus haut niveau.
•    Organiser les activités et les équipements pour rendre effectif le droit au sport pour tous
•    Promouvoir les valeurs olympiques comme contribution du sport à la formation de tous : amitié, solidarité, excellence, respect, fair play, lutte contre la violence dans et autour du sport
•    Contribuer à la formation, l’éducation au Développement Durable : communiquer sur le DD (revues, documents, colloques, internet…), former les pratiquants et les cadres (contenus DD dans les formations et programmes pédagogiques), mobiliser les personnalités du sport pour qu’ils apportent leur notoriété au service du Développement Durable.

Deuxième objectif : cohésion sociale, solidarité.    
Contribuer à la cohésion sociale et à la solidarité entre peuples et territoires, genres et générations

•    Contribuer à la résolution des déséquilibres territoriaux et sociaux par l ‘implantation d’équipements et d’activités dans ces territoires : politiques des quartiers, activités adaptées aux différentes origines : publics migrants…
•    Handicaps, encourager la mixité valides /handicapé (locaux, activités), employer des handicapés dans les organisations sportives, rendre accessibles les installations sportives (tous handicaps), aménager des places spectateurs dans les locaux.
•    Femmes, encourager activement l’accession des femmes aux responsabilités, aux activités.
 
Troisième objectif : Sport santé    
Promouvoir dans toutes leurs dimensions les relations du sport et de la santé. 

•    Lutter contre le dopage par des programmes d’éduction, contrôler leur mise en œuvre, sanctionner.
•    Préserver la santé des sportifs par l’établissement de programmes et règlements sportifs adaptés, développer une médecine sportive de prévention, un suivi médical des sportifs, prévenir les accidents sportifs.
•    Développer des programmes de pratiques du sport comme facteur de santé, de lutte contre l’obésité et de prévention des maladies.
•    Promouvoir le sport des seniors (santé, maintien de l’autonomie).
•    Prendre en compte la santé des publics et organisateurs lors de la planification des manifestations (bruit, qualité de l’air, accidents…) et la conception des équipements.

Quatrième objectif : transports et mobilité, économies d’énergies    
Lutter conte les changements climatiques, promouvoir la sobriété énergétique.

•    Favoriser des modes de déplacements performants et respectueux de l’environnement. Privilégier les activités à bilan carbone neutre.
•    Conduire des bilans carbone des organisations et activités, minimiser la production de CO2 lors de l’établissement des calendriers et le choix des lieux d’implantation des équipements et manifestations.

Cinquième objectif : ressources naturelles, biodiversité.    
Verdir le sport, protéger et valoriser ses lieux d’exercice.

•    Changer les habitudes des sportifs, promouvoir les gestes utiles. Développer des programmes de formation, d’éducation, d’information à l’environnement dans les programmes des pratiquants, éducateurs et dirigeants. Lancer des programmes d’études et recherches pour alimenter ces travaux.
•    S’impliquer dans une gestion respectueuse des sites, paysages et de la nature, adapter ses activités aux contraintes environnementales.
•    Economiser les ressources naturelles : achats de produits recyclés
•    Déchets : les limiter en amont, les traiter en aval. Recycler les matériels sportifs.
 
Sixième objectif : manifestations, équipements    
Prendre en compte l’environnement à toutes les étapes de la planification et de la réalisation des équipements et des manifestations dans une perspective durable.

•    Concevoir et répartir les équipements pour améliorer leur contribution à un  aménagement équilibré du territoire.
•    Privilégier les éco-matériaux, adopter des normes de construction exigeantes (HQE,…), 
•    Développer des programmes d’économies d’énergie, viser pour les bâtiments sportifs l’objectif « bâtiment à énergie positive (solaire, photovoltaïsme, isolation…)
•    Manifestations : gérer les manifestations de manière environnementalement responsable et durable,  élaborer des cahiers des charges adaptés.

Septième objectif : Economie, solidarité internationale.    
Optimiser la contribution du sport à une économie durable et à la solidarité sportive internationale.

•    Organiser les manifestations et activités sportives de manière à laisser un héritage positif et durable pour les territoires et les populations (retombées économiques positives, réhabilitation et revitalisation de sites, sensibilisation accrue à l’environnement, politiques et mesures environnementales améliorées, emplois…)
•    Multiplier les actions de coopérations sportives internationales, les faire évoluer dans le sens du co-développement.
•    Organiser la solidarité internationale :  dons, échanges
•    Tenir compte dans les politiques d’achat, dans les échanges, des droits fondamentaux de la personne (achats responsables et équitables, travail des enfants…).

Huitième objectif : conduite des politiques sportives, gouvernance.    
Améliorer la gouvernance du sport pour conduire les politiques sportives de manière durablement et socialement responsable. Améliorer la contribution du sport aux politiques de Développement Durable.

•    Engager le mouvement sportif à devenir un acteur à part entière du développement durable et à contribuer aux politiques et plans d’action mis en œuvre à tous niveaux, participer aux A21 locaux.
•    Inscrire le Développement Durable dans les statuts et règlements des organisations sportives, désigner des responsables DD, mettre en place des commissions, publier charte, déclarations, A21.
•    Associer les parties prenantes à la définition, la conduite, l’évaluation des politiques, notamment les femmes, les jeunes, les partenaires publics et privés
•    Conduire les politiques sportives de manière éco-responsables et durables, adopter les plans d’action correspondants, les doter de moyens.
•    Développer des systèmes de contrôle de l’application des mesures décidées et notamment de la charte, mettre en œuvre des démarches de progrès et de qualité, publier des bilans des réalisations.

Grenelle de l'environnement

 Le mouvement sportif partage les enjeux du Grenelle de l'Environnement. Il est particulièrement concerné. La massification des pratiques sportives accroît leur impact potentiel. Le sport, par les valeurs qu'il incarne et qu'il promeut, doit mettre en oeuvre un mode de développement durable.
 
Les domaines dans lesquels le sport peut agir sont nombreux. Il lui faudra pour cela réfléchir à son organisation, faire évoluer ses pratiques, former ses cadres et dirigeants, former, informer pratiquants et spectateurs.  A travers 11 propositions originales, le sport  définit les objectifs et orientations qu'il se donne.
 
Le sport ne saurait cependant passer sous silence qu'il fait déjà beaucoup dans ce domaine. Il souhaite renforcer ce rôle ce qui nécessitera une amélioration de la participation du sport à la gouvernance des questions de développement durable et d'environnement. C'est ce qu'il attend prioritairement du Grenelle de l'Environnement indépendamment de la réaffirmation de son engagement au bénéfice de ce grand chantier de société.